Je viens de deux familles très différentes ; celle de mon père est hollandaise et citadine, celle de ma mère est un mélange entre l’Allemagne, l’Angleterre, l’Amérique du Sud et ils ont vécu dans une ferme agricole. En revanche nos valeurs de base sont identiques et s’inspirent des 10 commandements.
Nous vivions dans le Michigan près de Détroit. On avait une éducation religieuse « light », mon père, un presbytérien et ma mère une méthodiste. Seul point commun, ils n’aimaient pas les catholiques. Mon père enseignait les arts mécaniques et ma mère était infirmière. J’ai un petit frère plus jeune que moi de cinq ans, il a fait une école technique et s’est orienté vers la soudure tandis que moi j’ai fait l’université et me suis orienté sur une formation en linguistique. C’est juste au moment où les États-Unis commençaient à ouvrir les yeux sur le monde. Cela a encouragé l’apprentissage de l’anglais pour les étrangers. J’ai pris un cours pour pouvoir participer à un programme en tant qu’enseignante. C’est là que j’ai rencontré mon futur époux. On s’est marié et on a fondé notre foyer, nous avons eu une fille et deux garçons.
Nous avons vécu à Alger en Algérie où j’enseignais l’anglais et mon mari, géologue, travaillait dans le pétrole. Autour des années 1980-82, nous sommes venus vivre en Suisse à Veyrier.
La chose la plus importante pour moi c’est de garder l’esprit ouvert, car si on part avec une idée fixe, cela ne marche jamais. On a les bases morales et émotionnelles mais il faut se laisser ouvert à autre chose. Tous ces voyages nous obligent à nous adapter, s’ouvrir aux contacts avec des personnes d’autres cultures, sans jugement, tout en gardant nos croyances. J’ai appris tellement de choses dans cette vie-là et de ne pas juger les autres, C’est formidable pour mes enfants d’avoir vécu dans des pays différents et d’avoir eu des contacts avec tant de personnes diverses, sans se perdre dans des questions de religion.
Les Châtaigniers, Genève
Marie
89 ans, enseignante, originaire des États-Unis