J’ai choisi de devenir cuisinier, même si les horaires sont difficiles pour beaucoup de gens qui ne supportent pas cela, ça me permettait d’avoir congé quand les autres travaillaient. Cela m’a aussi permis de beaucoup voyager et de rencontrer ma femme en Angleterre. J’ai commencé mon apprentissage de cuisinier à 15 ans, j’étais la 1ère génération à être payée, 10 francs par mois, avant il fallait payer pour entrer en apprentissage.
Après de nombreuses années dans le métier de cuisinier, j’ai eu envie de me poser et cela m’a permis de dire : maintenant je veux faire autre chose. J’ai fait une grande évolution : de cuisinier je suis devenu flic…
L’occasion s’est présentée que je travaille à la police du Commerce. Cela consistait à visiter tous types de commerces ; des restaurants, des épiceries, des boucheries, tous les commerces étant en lien avec l’alimentation et voir si tout était en ordre. S’il y avait quelque chose qui n’allait pas on pouvait envoyer un service approprié, par exemple le service d’hygiène.
Ce qui me plaisait dans ce travail était le contact avec les gens et d’essayer de les encourager à faire bien les choses et non la répression.
Ma femme, qui était basque quand elle est venue en Suisse, avait une très mauvaise opinion de la police espagnole qui, à son goût, était trop répressive. Et lorsqu’elle a vu ce que je faisais moi, cela l’a amenée à avoir un nouveau regard sur la police. Elle a été engagée comme traductrice dans la police municipale, car elle parlait plusieurs langues, surtout l’anglais, le galicien, le basque et l’espagnol. Par la suite elle est devenue l’une des cheffes de la police municipale de Genève.
Les Châtaigniers, Genève
Jean-Charles Debons
78 ans, cuisinier, originaire de Savièse en Valais